Spectacle

Les Forteresses

Théâtre Le Diamant

2h50(sans entracte)

Français


Thu 6 Juin
19h
Fri 7 Juin
19h
Sat 8 Juin
15h

Prix régulier / Inclus dans la tarification inclusive

Gurshad Shaheman (France | Maubeuge & Iran)

RÉCIT THÉÂTRAL

Trois femmes, nées en Iran au début des années 1960, trois étudiantes universitaires qui sont soudainement aux prises avec la révolution islamique de 1979, trois témoignages de résilience et d’espoir. Gurshad Shaheman rend honneur à sa mère et à ses deux tantes dans un voyage à travers 50 ans d’histoire, de douleurs et de bonheurs. Mêlant récit familial et fresque politique iranienne, l’auteur convie les spectateurs sur scène, aux côtés des interprètes et des réels membres de sa famille. En sirotant un thé en leur compagnie, on est amenés à découvrir une fenêtre sur leur culture, un pan déterminant de l’histoire du Moyen-Orient et surtout, un accès privilégié aux voix de ces femmes trop souvent réprimées.

Présenté en collaboration avec le Consulat général de France à Québec

JPEG - 1.6 Mo

Avertissement
Présence d’armes à feu factices sur scène

CE QUI NOUS A CHARMÉS

Lorsque nous avons pris place dans le salon de thé des Forteresses, nous ne nous attendions pas à un voyage d’être aussi bouleversant. En plus des récits de migration parfois drôles, mais souvent déchirants, c’est la résilience de ces femmes – ces mères, ces tantes – et leur plaisir apparent à être là, avec nous, sur scène, qui fait de l’œuvre de Gurshad Shaheman une prise de parole aussi puissante sur un monde en pleine transformation et sur l’incroyable dignité des humains qui le traversent.

Votre comité de programmation

INTERPRÈTES

Guilda Chahverdi

Formée à l’école Claude Mathieu et Jacques Lecoq, elle joue au théâtre sous la direction notamment de Ma Fu Liang, Mikael Serre, Pierre Longuenesse et au cinéma dans Terre et Cendres d’Atiq Rahimi (prix « Un Certain Regard vers l’Avenir », Cannes 2004). Elle s’intéresse tôt à la mise en scène : Déserts, en 2001 obtient le soutien de la Ville de Paris ; elle monte La Passion de Hallaj, auteur mystique persan. Elle voyage en Asie centrale et y mène une recherche sur les formes spectaculaires et traditionnelles orales. Ce qui donne lieu à des spectacles de contes tirés du Livre des Rois de Ferdowsi (2003) et du Pavillon des Sept Princesses de Nézami (2009). Avec les contes, elle effectue une tournée en Asie centrale dont la dernière étape est à Kaboul (2003-05). En 2006, elle enseigne le théâtre à la Faculté des Beaux-arts de Kaboul. Elle crée la compagnie Azdar, elle mettra en scène, entre autres, Ubu Roi, d’Alfred Jarry. Toujours en Afghanistan, elle produit des pièces radiophoniques pour la radio Killid (programme de sensibilisation sur les violences familiales, 2005-07). De 2010 à 2013, elle dirige l’Institut français d’Afghanistan à Kaboul. En France, elle effectue une recherche en sciences humaines (Université Aix-Marseille, IREMAM) sur l’action culturelle dans un État en guerre, un pays en crise (2015). Attentive à la création contemporaine afghane, elle est commissaire de l’exposition Kharmohra, l’Afghanistan au risque de l’art au MuCEM à Marseille (2019/20). En 2021, elle joue dans Les Forteresses de Gurshad Shaheman, met en scène L’Invité du miroir et Sous-rire avec Dieu d’Atiq Rahimi (Mucem, Marseille) et travaille à la création de La Valise vide, pièce afghane de Kaveh Ayreek qu’elle a traduite (soutien de la Maison Antoine Vitez), production Les Rencontres à l’échelle, B/P (2022).

Mina Kavani

Formée à l’École d’Art dramatique de Téhéran et au Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique de Paris, Mina Kavani a commencé sa carrière à l’âge de 16 ans sous la direction d’Ali Raffi, le metteur en scène et cinéaste iranien. Très vite, elle joue de grands rôles du répertoire à Téhéran. À 23 ans, elle s’installe à Paris et entre au CNSAD dans la classe de Jean-Damien Barbin. En 2013, elle joue au cinéma le rôle principal de Sara, dans Red Rose réalisé par Sepideh Farsi. Apparaissant nue dans le film, elle est la cible d’attaques virulentes dans la presse iranienne. Le film est sélectionné
dans les Festivals Internationaux et coûtera à Mina Kavani son exil. En 2014 elle présente à l’Odéon un récital autour de l’œuvre de Forough Farrokhzad, figure majeure de la poésie moderne iranienne. En 2015 et 2016 elle interprète Ingeborg Bachmann, dans Malina de Ingeborg Bachmann, mise en scène par Barbara Hutt, au Festival d’Avignon et à la Maison de la Poésie à Paris. En 2017 elle joue dans Neige, adaptation du roman d’Orhan Pamuk au TNS. En 2017 elle participe au stage organisé par le TNS sous la direction de Falk Richter et le danseur Nir de Wolff puis à celui organisé par les Chantiers Nomades sous la direction de Krystian Lupa qu’elle retrouvera en 2019 pour un travail en commun. En 2020 elle participe au stage dirigé par Lazare à la Fonderie et à l’issue de ce stage elle joue dans Lazare Station au Lavoir Moderne Parisien. Elle joue aussi sous la direction de Alexandra Lacroix dans Persée, mettant en regard les Mélodies persanes de Camille Saint-Saëns avec les récits de migrants venus d’Iran et d’Afghanistan. Elle écrit et prépare son premier monologue intitulé I’m Deranged autobiographie relatant sa vie en exil.

Shady Nafar

Comédienne d’origine franco-iranienne, Shady Nafar se forme au Conservatoire de Grenoble puis à l’ESAD (École Supérieure d’Art Dramatique de Paris). Elle joue notamment sous la direction de Thomas Bouvet dans Phèdre de Racine, La Cruche Cassée de Kleist, John and Mary de Pascal Rambert; Gilian Petrovski dans L’Homosexuel ou la difficulté de s’exprimer de Copi ; Gloria Paris dans Les Amoureux de Carlo Goldoni; Maxime Franzetti dans la création chorégraphique Est-ce ainsi que les Hommes s’aiment…. ? ; Elise Marie dans Les Visionnaires de Desmarets de Saint Sorlin; Damien Houssier dans Pylade de Pasolini; Laurent Gutmann dans Explantation et Le Prince d’après Machiavel. Elle assiste Gloria Paris à la mise en scène de Divine, d’après Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet, interprétée par le chorégraphe et danseur Daniel Larrieu. Avec le comédien et danseur Martin Juvanon du Vachat, elle co-écrit et met en scène Du Ballet ! et le met en scène dans une adaptation du Bal des folles de Copi. Elle écrit et met en scène Cachons-nous sous cet amandier, qu’elle joue aux côtés de Thomas Fitterer. Elle assiste David Geselson à la mise en scène sur Le Silence et la peur. Elle intervient régulièrement comme collaboratrice artistique auprès de la compagnie La Bouillonnante. Suite à sa participation au Directors LAB au Lincoln Center Theater (New York), elle crée, avec cinq metteurs en scène venus d’Inde, d’Allemagne, d’Uruguay, du Brésil et d’Argentine, le collectif international P.L.U.T.O (People Living Under This Occupation). Leur premier création Black Box est présentée au Festival International de Buenos Aires en 2020.

En savoir plus sur le spectacle

Crédits

Texte et mise en scène : Gurshad Shaheman
Assistant mise en scène : Saeed Mirzaei

Avec : Guilda Chahverdi, Mina Kavani, Shady Nafar, Gurshad Shaheman & les femmes de sa famille

Création sonore : Lucien Gaudion
Scénographie : Mathieu Lorry Dupuy
Lumières : Jérémie Papin
Dramaturgie : Youness Anzane
Régie générale, régie lumière : Pierre-Éric Vives
Costumes : Nina Langhammer
Régie plateau et accessoires : Jérémy Meysen
Maquilleuse : Sophie Allégatière
Coach vocal : Jean Fürst

Administration La Ligne d’Ombre : Emma Garzaro
Coordination et Diffusion La Ligne de d’Ombre : Anouk Peytavin

Production : la Compagnie La Ligne d’Ombre et les Rencontres à l’échelle – B/P
Coproduction : le Phénix, scène nationale Valenciennes ; TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine ; Pôle arts de la scène – Friche la Belle de Mai ; Centre Culturel André Malraux, scène nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy ; Le Carreau, scène nationale de Forbach et de l’Est Mosellan ; le Théâtre d’Arles, scène conventionnée d’intérêt national art et création – nouvelles écritures ; la Maison de la Culture d’Amiens ; Les Tanneurs Bruxelles.
Accueil en résidence : Le Manège Maubeuge ; Les Rencontres à l’échelle – B/P structure résidente de la Friche la Belle de Mai ; Les Tanneurs Bruxelles.

Soutiens : DRAC Hauts-de-France ; Région Hauts-de-France ; Fonds SACD Théâtre ; Spedidam.

Ce projet a bénéficié de l’aide à l’écriture de l’association SACD – Beaumarchais (2019) et de l’aide à la création ARTCENA.

Remerciements : Sophie Claret, Camille Louis, Judith Depaule, Aude Desigaux.

Ce que la presse en dit...

Alors, atteint par la force des récits, la qualité du jeu, la présence du réel qui toque à la porte, on pleure et on rit, on admire ces trois femmes si puissantes face à la vie.

Laura Plas

Les trois coups, 10 mars 2023

Dans la mouvance de plus en plus fournie d’un théâtre qui mêle étroitement réalité et fiction, Les Forteresses a droit à une place particulière. Notamment pour la justesse de son propos et l’intelligence de sa réalisation, l’humanité de ses interprètes.

Michel Voiturier

Webthéâtre.fr, 7 juin 2023

C’est très beau, très simple et sophistiqué dans les rythmes, les lumières, les moments de chant, de danse. L’équipe artistique qui entoure l’écrivain-metteur en scène-acteur est excellente. On annonce trois heures sans entracte : cela passe comme un souffle.

Armelle Héliot

Le Journal d’Armelle Héliot, 24 janvier 2022

Informations complémentaires

QUI EST GURSHAD SHAHEMAN?

Gurshad Shaheman a été formé à l’École Régionale d’Acteurs de Cannes et Marseille (ERACM). Il a aussi un master II de littérature comparée obtenu à Paris VIII sur la traduction de la poésie persane. En tant qu’acteur, assistant à la mise en scène ou encore traducteur du persan, il a notamment collaboré avec Thierry Bédard, Reza Baraheni, Thomas Gonzalez ou Tatiana Julien. Depuis 2012, Gurshad écrit et interprète ses propres performances. Sa trilogie, Pourama Pourama, toujours en tournée, est publiée aux éditions Les Solitaires Intempestifs. En 2018, il crée au Festival d’Avignon, Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète, spectacle écrit à partir de récits de réfugiés LGBT issu.es du Moyen Orient.

En 2019, il crée sa compagnie La Ligne d’Ombre, implantée dans les Hauts-de-France. Artiste associé au théâtre Les Tanneurs à Bruxelles, Gurshad y crée en 2020 Silent Disco, projet citoyen mené avec des jeunes gens en rupture avec leurs familles. En France, il est associé au Théâtre de la Bastille à Paris, au Quai CDN d’Anger, au Manège, scène nationale de Maubeuge et au Théâtre de l’Union CDN de Limoges. Il est également accompagné par Le Phénix, scène nationale de Valenciennes et la Maison de la Culture d’Amiens. En 2021, il écrit et met en scène Les Forteresses, spectacle toujours en tournée. Le livre a obtenu en 2022 le Prix de la Librairie Théâtrale et le Prix Koltes du TNS.

Gurshad est également à l’origine des Cabarets Dégenrés, rendez-vous annuel et festif créé à Confluences à Paris puis transporté au Point Ephémère. Il est aussi l’auteur de Pour que les vents se lèvent – Une Orestie, créée en octobre 2022 au TNBA à Bordeaux dans une mise en scène de Catherine Marnas et de Nuno Cardoso. Lauréat de l’appel à projet, Mondes Nouveaux, en 2023, il crée Jadis, lorsque mon cœur cassa, installation sonore et florale écrite à partir de récits de personnes en parcours de soin psychiatrique. Le projet est produit en partenariat avec le Centre des Monuments Nationaux et a vu le jour au Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse.

Avec l’artiste québécois, Dany Boudreault, il créera en 2024, Sur tes traces au Kunstenfestivaldesarts à Bruxelles, un projet d’écriture hybride entre le carnet de voyage et l’enquête de personnalité. Comme pédagogue, il intervient, entre autres, à l’ERACM, à l’École supérieure du Théâtre de l’Union (ESTU) Limoges, ou encore dans l’antenne belge du Cours Florent à Bruxelles.

Informations complémentaires

En juillet 2018, quand j’ai créé Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète au festival d’Avignon, ma mère a fait le déplacement de Lille pour voir le spectacle. Sa sœur cadette, installée à Francfort depuis près de vingt ans, est venue d’Allemagne. Pour l’occasion, leur troisième sœur, qui vit encore à Téhéran a pris un avion pour les rejoindre. Cela faisait onze ans qu’elles n’avaient pas été ainsi réunies toutes les trois. J’étais touché de les voir ensemble après toutes ces années, de constater combien leur lien restait solide malgré les revers du destin, les années de séparation et malgré des choix de vie parfois radicalement opposés. Je les regardais dans les rues d’Avignon, au milieu de cette grande fête du théâtre dans laquelle elles se fondaient parfaitement et je les trouvais vraiment romanesques, pour ne pas dire théâtrales.

Les trois femmes sont nées au début des années 1960, à Mianeh, une petite ville des montagnes de l’Azerbaïdjan iranien. Elles ont fait des études, traversé une révolution, vécu 8 ans de guerre et connu l’exil pour deux d’entre elles. Elles ont eu des maris, des enfants, des divorces. Elles ont connu de grandes joies et de grandes peines. Elles ont vécu plus d’un demi-siècle et leurs petites histoires de vie contiennent en elles la grande Histoire d’une partie du monde de la seconde moitié du vingtième siècle. Chacune l’a vécue d’un point géographique différent, baignée dans une langue et un environnement culturel différents. Ma mère, l’ainée des trois sœurs, s’est établie en France en 1990. À peine deux ans plus tard, sa cadette, a entamé avec ses deux enfants un parcours de réfugiée à Leipzig en Allemagne. La dernière est toujours restée en Iran.

À Avignon, sur les terrasses des cafés ou dans leur petit appartement de location, je les regardais faire le bilan de leurs vies, passer en revue leurs réussites et leurs échecs, faire le décompte de leurs joies et de leurs peines et je me disais que je tenais là le sujet de ma prochaine pièce. Quand je leur ai annoncé le projet, elles se sont montrées un peu sceptiques au départ mais très vite un enthousiasme sincère a pris le dessus. J’ai alors commencé à les interviewer. Chaque entretien a été enregistré et a servi de base à la composition de la pièce. Pour moi, il ne s’agissait bien sûr pas d’un simple travail de transcription mais bien d’écriture. L’aspect documentaire ou prosaïque du sujet m’intéresse bien moins que la force poétique ou le souffle universel que ces récits peuvent atteindre. À travers trois monologues entrelacés, chacune passe en revue son enfance, la relation aux parents, les études, l’engagement politique, le rapport aux hommes, au mariage, à la maternité, à dieu, à l’exil… Leurs voix se succèdent et se complètent, tissant un réseau de sensations et d’idées, dressant trois paysages intimes enchevêtrés où chacune fait pour elle-même le bilan de sa vie à l’approche du crépuscule.

Gurshad Shaheman

On a tout un festival pour vous

Spectacle

L.U.C.A.

Spectacle

La Tendresse

Acheter un billetVoir les abonnements

Abonnez-vous à l'infolettre

Prénom
Nom
Courriel