Soirée cinéma - Courts-métrages
Un florilège de courts-métrages surprenants en écho à la programmation du festival.

Elle pis son char
de Loïc Darses
Le cinéaste termine le film commencé par sa mère où elle décide de confronter l’homme qui l’a agressée régulièrement pendant son enfance. Cette confrontation l’amène sur un long périple à l’issue duquel elle lui lit… une lettre. C’est un documentaire très personnel, très touchant, sur le courage et la force de l’amour. Pour nous, ce grand film québécois faisait écho aux spectacles de La Sœur de Jésus-Christ et Lettres non-écrites.

Grab Them de Morgan Dziurla-Petit
Le film s’intéresse à une femme qui partage le visage de Donald Trump. Alors qu’elle cherche l’amour, elle est constamment victime de haine gratuite et de représailles inattendues. Parviendra-t-elle à vaincre la solitude? Étrange petite comédie suédoise, réalisée avec une technologie similaire au filtre « faceswap », elle entre bien sûr en dialogue avec Visages.

No Crying at the Dinner Table de Carol Nguyen
Dans ce petit film très touchant, le cinéaste interview ses parents, immigrants vietnamiens, et discute avec eux de leur rapport aux émotions, à la tendresse. Autre film très intime et délicat, tourné entièrement dans la cuisine familiale, il offre le parfait miroir cinématographique à Saïgon, dont il ne partage pas le côté épique, mais certainement les thèmes et la question de la représentation des émotions soulevée par le spectacle.

Marée noire
de Chantal Caron
Véritable petit bijou visuel, la cinéaste et chorégraphe de ce court film de danse a capturé des images à couper le souffle en plaçant ses interprètes sur des glaciers dérivant sur le Fleuve Saint-Laurent. D’une manière très poétique, le film traite d’enjeux climatiques et s’intéresse à l’eau et aux oiseaux. De manière plus abstraite, il fait écho aux spectacles de Vampyr et Les Saumons de la Mitis.

Simo de
Aziz Zoromba
Prix des collégiens 2024, cette petite bombe de court-métrage présente une soirée dans la vie de Simo et de son frère, deux fils d’immigrants magrébins installés en banlieue de Montréal. Ce qui commençait par une insouciante soirée de jeux vidéo en ligne prend des allures de film d’action à l’américaine lorsqu’un des deux garçons laisse dans le cadre de sa caméra un objet qui révèlera peur et racisme chez ceux qui regardent. Film étonnant, incroyablement bien maîtrisé, qui traite de l’expérience racisée, de la culture de l’image chez les Z, et de l’importance du lien fraternel. En ce sens, le film devient incontournable et évoque très directement les spectacles de Frères et de Un chien en laisse qui jappe.

Wander to Wonder
de Nina Gantz
Délicieux film d’animation venu des Pays-Bas qui s’intéresse à trois marionnettes, vedettes de la série à succès Wander to Wonder, livrées à elles-mêmes après le décès de leur marionnettiste. Les trois pantins, habités d’une vie propre, lorsqu’ils viennent à court de vivre, décident de quitter le studio de télévision où ils ont toujours vécu pour découvrir… la vraie vie. Reprise de l’allégorie de la caverne, ce film drôle et surprenant, à la fois profond et léger, rappelle la physicalité de la marionnette et l’étrange ascendant du marionnettiste dans Epidermis Circus.

À partir de 2020, Antitube commence à développer un projet de salle de diffusion consacrée au cinéma, le Cinéma Beaumont, qui voit le jour à l’hiver 2023. Situé dans la coopérative Méduse, le Cinéma Beaumont est une voie de diffusion quotidienne du cinéma indépendant d’ici et d’ailleurs dans la capitale. La programmation est vouée, d’une part, au cinéma québécois et canadien et, d’autre part, au cinéma international. Notre salle bonifie ainsi l’offre cinématographique en introduisant à son public des œuvres actuelles et des classiques du cinéma.